Les différentes approches

La boîte à outils de l'ostéo


 

NB : Cette page n'a pas pour objet de faire un classement parfait, détaillé et exhaustif de l'ensemble ds techniques qu'un ostéopathe peut être amené à utiliser. Un classement plus pertinent pourrait être établi, mais là n'est pas le but. L'objectif est d'éclaircir ce qui peut paraitre parfois obscur pour beaucoup.

Il existe différentes approches en ostéopathie, c'est-à-dire différents types de techniques, différentes façons de procéder. Vous avez peut-être déjà remarqué un ostéopathe effectuer des techniques vives qui peuvent produire un bruit articulaire (les fameux « cracs ») ou bien vous l'avez sans doute vu poser ses mains sur votre crâne. Il s'agit là de deux des quelques approches existantes. On peut les classer de la façon suivante :

1 - Les techniques structurelles

Il s'agit de techniques où l'on va agir directement sur les structures anatomiques. On distingue deux types de techniques

1.1 - Les thrusts

Également appelés HVT (High Velocity Techniques) ou techniques HVBA (Haute Vélocité/Basse Amplitude), il s'agit de techniques articulaires basées sur 2 aspects : elles sont très rapides et de faible amplitude.

J'attire votre attention sur ce 2ème point. L'amplitude se rapporte au mouvement effectué dans la technique. La faible amplitude indique que le mouvement se fait dans l'intervalle physiologique. Cela signifie que pour une articulation qui possède par exemple 140° de mobilité sur l'axe de flexion-extension, le thrust ne dépassera jamais ces 140° : pas de risque d'endommager l'articulation ou les structures anatomiques adjacentes.

Si vous souhaitez en apprendre plus sur le fameux « crac » que l'on entend parfois, c'est par ici.

1.2 - Le travail articulaire

C'est un ensemble de techniques plus douces où l'on va agir sur une articulation de façon lente, répétitive, harmonique pour que l'articulation se relâche progressivement et retrouve une mobilité normale.

2 - Les techniques fasciales

Oui, j'ai bien écrit « fasciale » et non « faciale ». C'est un adjectif venant du nom commun « fascia » (pluriel : faciæ). Le fascia, appelé autrefois aponévrose, est une membrane de tissu conjonctifTissu qui possède un rôle de soutient, tels que les os, ligaments, cartilage ou tendons. Il faut voir cela comme une sorte de cellophane qui va envelopper tous les organes et tous les muscles, et qui va également cloisonner différentes parties de l'organisme.

Les techniques fasciales vont consister à agir sur ces membranes. Ce sont des techniques demandant un extrême précision : on peut avoir l'impression que l'ostéopathe reste les mains appliquées sur le corps sans vraiment bouger. Bien qu'étant assez empiriques, elles se révèlent néanmoins très utiles voire indispensables notamment en cas d'allodyniePerception d'une douleur causée par un stimulus normalement indolore.
Ex : effleurement de la peau qui entraîne une sensation de brûlure.
, d'hyperalgieDouleur d'intensité anormalement élevée provoquée par un stimulus douloureux. ou d'hyperpathiePerception de douleur persistante causée par la répétition de stimuli normalement indolores.
Ex : contact du drap durant la nuit dans le cadre d'une polynévrite.
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3 - Les techniques viscérales

Il s'agit ni plus ni moins de techniques fasciales appliquée à la sphère viscérale. On va agir indirectement sur l'organe par l'intermédiaire de son enveloppe.

4 - Les techniques crâniennes

Les techniques crâniennes sont à l'origine des travaux d'un certain William Garner Sutherland qui a émis une théorie basée sur l'existence d'une biomécanique crânienne (mouvements des os du crâne)

Eh oui ! Le crâne n'est pas un seul et même os en forme de « boîte » mais bien un ensemble complexe de 21 os liés entre eux pas des sutures. Chez le jeune enfant (< 18 mois), les fontanelles correspondent aux intersections des sutures non ossifiées. Avec l'âge, le cartilage malléable du crâne se transforme en os et plus on vieillit, plus les sutures se soudent.

C'est un domaine de l'ostéopathie aujourd'hui controversée et empirique mais indispensable pour traiter, couplé à d'autres techniques, les céphalées, les vertiges, douleurs faciales, certains troubles ORL, etc.

Conclusion

L'ensemble de ces approches fait de l'ostéopathie un système de soins dont les techniques sont adaptées à tous. L'ostéopathe peut ainsi ajuster son traitement en fonction de chaque patient et chaque situation.

Une mise en garde néanmoins ! L'aspect holistique de l'ostéopathie a son revers de la médaille. Elle peut parfois devenir un fourre-tout où se mêlent des pratiques qui, selon moi, n'ont pas lieu de s'appeler ostéopathie.

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Florent RÉTIF

Ostéopathe D.O.

15 rue des Maraîchers
91620 Nozay